François et le Souffle

François, devant le parlement européen, compare le Vieux Continent à une « grand-mère ayant perdu sa fertilité et sa vivacité ». Il estime que « les grands idéaux qui l’ont inspiré semblent avoir perdu leur force d’attraction au profit du technicisme bureaucratique de ses institutions ». Il faut le faire. Et tout ceci n’a pas empêché les députés européens de gratifier le Pape d’une salve d’applaudissements. Pour un chrétien, comment ne pas comprendre qu’il y a là quelque chose qui dépasse le calcul humain ? Ici, je sens le souffle de l’Esprit. Ici, je sens le prophète. Comprenons-nous bien – je ne suis pas de ceux qui déclament que le pape régnant, est forcément toujours le plus parfait. Ses critiques catholiques d’ailleurs le chuchotent: le bouillonnant François n’aurait, ni le stature géante de Jean-Paul II, ni l’élégance intellectuelle de Benoît XVI. Sans doute, mais… ce Pape porte en lui un Souffle. Un Souffle qui vient de loin. Un Souffle qui – pour le chrétien que je suis – n’est pas simplement de ce monde.

Sur un site français, plutôt sceptique par rapport à l’action du Pape, je lisais: « François est comme ces politiciens atypiques, qui séduisent surtout hors de leur camp, des gens qui les trouvent sympathiques mais ne vont pas jusqu’à les rejoindre. » Les élites religieuses de l’époque, ne disaient-elles pas exactement la même chose d’un certain… Jésus de Nazareth? Nombre de critiques au sein de l’appareil catholique de ce Pape surprenant, feraient donc bien de méditer. Leur murmure ne ressemble-t-il pas furieusement à celui des scribes de l’Evangile, visant le Christ ? Car la « grand-mère » n’est pas que l’Europe. Cela peut également viser l’Eglise, à chaque fois qu’elle oublie de quel Baptême elle est née et quel Souffle l’anime.

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« Le Roi-nu-pieds » – Dimanche du Christ-Roi, 34e dimanche, Année A

«Chaque fois que vous l’avez fait à un de ces petits qui sont mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait» (Matthieu 25, 31-46)

En ce dernier dimanche de l’année liturgique – dimanche du Christ-Roi – l’Evangile nous fait réfléchir sur ce qu’on appelle communément « le jugement dernier ». Des générations entières ont eu l’imagination marquée par les bas-reliefs sculptés sur le portail de nos cathédrales: le Christ-Roi y trône en majesté et sépare les âmes justes de celles qui sont réprouvées.

Mais cette représentation-là ne correspond pas pleinement à l’Evangile. Jésus est un roi dont la seule couronne est d’épine et l’unique trône, le bois d’une croix. Un roi humilié. Un roi crucifié. Un roi qui se fait le frère de tous les laissés-pour-compte de l’histoire. L’unique question que ce Roi nous posera lors du jugement dernier, sera : Quand tu as croisé la route de ce pauvre type, nu, malade, prisonnier, affamé… l’as-tu servi comme un roi? Si tu l’as méprisé, comment pourrais-tu Me reconnaître comme ton Roi ?  Regarde-Moi : Je suis nu, malade et prisonnier. «Chaque fois que tu as fait du bien à un de ces petits qui sont mes frères, c’est donc à Moi que tu l’as fait».

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Luxerto Leaks – M… Belgique p.11

Ci-dessous, voici ma chronique, parue cette semaine en p.11 de M… Belgique. Merci à la rédaction de me donner cet espace d’expression:

Lux leaks – ou ce système fiscal qui permet, en toute légalité, aux multinationales et milliardaires, de ne (quasi) pas payer d’impôts. Les politiciens se défendent. Ils n’ont fait qu’appliquer les lois du pays. Les banquiers se justifient. Ils n’ont fait que suivre les règles de la finance apatride et s’ils avaient refusé de ce faire, la concurrence aurait pris leur place. Les bénéficiaires sourient en silence. Ils n’ont fait que jouer le jeu capitaliste, qui veut que celui qui est riche, cherche à s’enrichir davantage encore.

Luperto leaks –  ou ce système médiatique qui permet, en toute légalité, de transformer un simple suspect dans une affaire de mœurs, en gibier de chasse à courre. Les rédactions se défendent. Elles n’ont fait que rendre publiques des fuites judiciaires – n’étant pas tenues par le secret de l’instruction. Les organes de presse se justifient. Ils n’ont fait que suivre les règles de la société de spectacle et s’ils avaient refusé de ce faire, la concurrence aurait pris leur place. Le public sourit en silence. Il n’a fait que consommer le regard médiatique, qui veut que celui qui a une vie publique, se voie aisément privé du tout droit à la confidentialité d’une instruction judiciaire.

La morale de cette histoire – c’est qu’il n’y a pas de morale dans cette histoire. La vie est ainsi faite. Faisons donc preuve de réalisme. Et évitons les bons sentiments quelque peu ringards… Laissons cela aux curés.

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« Talent caché – talent gâché » – 33e dimanche, Année A

«J’ai eu peur et je suis allé enfouir ton talent dans la terre» (Matthieu 25, 14-30)

La parabole des talents est bien connue. Et chacun s’étonne de la colère du maître. En effet, le serviteur qui n’a reçu qu’un seul talent (grosse somme tout de même) n’a rien fait de malhonnête. Il rend l’argent confié. Et pourtant, son patron le traite de « mauvais et paresseux ».

Pourquoi ? Parce que – plutôt que d’oser prendre des risques – cet homme a écouté sa peur et a caché le talent qu’il aurait pu faire fructifier. La somme d’argent vise ici nos potentialités. C’est d’ailleurs le sens que le mot « talent » a reçu dans le langage courant – suite à cette parabole.

Tous nous avons de reçu des talents. Certains plus que d’autres. Cela fait partie de la vie. Certains connaîtront l’échec. Dieu ne nous en voudra pas d’avoir essayé et échoué. La seule chose qui nous sera reprochée, c’est d’avoir caché nos talents par peur de rater. Talent caché – talent gâché.

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Blog: bilan du mois d’octobre

Ce blog a été ouvert le 11 mars 2011.

2011En mars, il recevait 1467 visites et 2383 pages avaient été vues. Du 3 avril au 3 mai, il recevait 3689 visites et 5483 pages étaient visionnées ; du 1er mai au 31 mai 3322 visites et 5626 pages visionnées. Du 1er juin au 31 juin, le blog a reçu 3464 visites et 5721 pages furent visionnées.  Pour le mois de septembre 4423 visites sont enregistrées et 6683 pages sont visionnées. En octobre, il y eut 3027 visites pour 4689 pages visionnées. En novembre, il y eut 2679 visites pour 3915 pages visionnées. En décembre, 3203 visites pour 4754 pages visionnées.

2012En janvier, 3143 visites pour 4815 pages visionnées. En février, cela donne 3709 visites pour 5501 pages visionnées. En mars, il y eut 3592 visites et 5530 pages visitées. En avril, il y eut 4063 visites pour 6280 pages visitées. En mai, il y eut 4895 visites pour 8100 pages vues. En mai, il y eut 4499 visites pour 5395 pages vues. Je n’ai pas reçu les chiffres de juin. En juillet,  3502 visites pour 4158 pages vues. En août: 3213 visites pour 5059 pages vues. En septembre: 5624 visites pour 8773 pages vues. En octobre 3268 visites pour 5337 pages vues. En novembre 3467 visites pour 5777 pages vues. En décembre 3018 visites pour 4411 pages vues.

2013En janvier 3891 visites pour 5419 pages vues. En février 3736 visites pour 5724 pages vues. En mars 5198 visites pour 7740 pages vues. En avril 4415 visites pour 6323 pages vues. En mai 6693 visites pour 9284 pages vues. En juin, 4236 visites pour 6339 pages vues. En juillet, 3316 visites pour  4477 pages vues. Pour août, je n’ai pas reçu de données. En septembre 3820 visites pour 4386 pages vues.  En octobre 3299 visites pour 5172 pages vues. En novembre 3982 visites pour 6103 pages vues. En décembre 3512 visites pour 4199 pages vues.

2014En janvier 2251 visites pour 3481 pages vues (baisse qui s’explique sans doute  par la semaine de repos, début du mois).  En février 3714 visites pour 6070 pages vues. En mars 3556 visites pour 5454 pages vues. En avril, 2884 visites pour 3379 pages vues. En mai, 3582 visites pour 4319 pages vues. En juin, 3686 visites pour 4571 pages vues. En juillet, 6696 visites pour 7864 pages vues. En août (le blog est fermé jusqu’au 14 du mois) 3275 visites pour 3937 pages vues. En septembre 3090 visites pour 3627 pages vues. En octobre  4497 visites pour 6855 pages vues. Après la traditionnelle baisse estivale, ce blog retrouve donc sa vitesse de croisière.

Le lectorat belge compte 3287 visites. La France suit avec 681 visites et le Canada avec 169 visites.

L’article le plus fréquenté fut « In memoriam Olivier Legendre », du 27 octobre avec 403 visites. Vient ensuite « Fuites judiciaires, complaisance des médias », du 24 octobre avec 177 visites et « La noce boudée », du 10 octobre avec 166 visites.

Merci aux lecteurs et suite au mois prochain.

 

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Exhibitionniste

Monsieur Luperto (PS) vient de démissionner de son poste de président du parlement de la fédération Wallonie-Bruxelles, suite aux accusations d’exhibitionnisme à son encontre. Il clame son innocence et est présumé innocent. Laissons donc la justice faire son travail.

Je regrette, une fois encore, que dans cette affaire le secret de l’instruction se soit comme… évaporé. D’après ses avocats : « Monsieur Luperto a été contacté par des journalistes dimanche après-midi, plusieurs heures avant le début des perquisitions à son domicile et à la commune de Sambreville. » Beaucoup de journalistes ont néanmoins traité le sujet (les perquisitions, les accusations,…) avec une certaine retenue. Peut-on en dire autant de certaines « unes », où face à une grande photo de l’intéressé, il y avait pour légende : « M…. en public dans les toilettes d’une station-service sur l’autoroute E42 » ?

Si Monsieur Luperto est coupable, la justice doit sanctionner ses actes. Et sans doute, les psychiatres devront-ils prendre la relève. En attendant, et en apercevant ce matin une de ces « unes » » collées à la devanture d’une librairie du centre de Liège – comme pour mieux appâter le chaland – je me suis demandé : « Qui se comporte ici en exhibitionniste » ?

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In memoriam Jean-Jacques Rousseau

Homonyme du philosophe des Lumières, le cinéaste à la cagoule Jean-Jacques Rousseau vient de décéder à Courcelles, après plusieurs mois de coma. Le 15 juillet dernier, il avait été volontairement renversé par la voiture d’un jeune conducteur – une agression violente et absurde, bien dans la ligne de ses films. Jean-Jacques Rousseau tournait des films de type Monty Python « gore », sans aucun budget et avec des acteurs amateurs. Le résultat était… surprenant. Comme on peut le lire dans les colonnes du quotidien bruxellois « le Soir » de ce samedi (p.43), il défendait son travail en déclarant : «Si j’avais eu les moyens de Steven Spielberg, j’aurais fait mieux. Mais si lui avait eu mes moyens, il n’aurait jamais fait de cinéma.»

J’ai rencontré Jean-Jacques Rousseau à l’occasion d’un débat télévisé sur « Eglise et blasphème ». Il était apparu sur le plateau, couvert de son éternelle cagoule. Magie de la rencontre improbable entre un cinéaste alternatif anarchiste et (à l’époque) le porte-parole des évêques, nous avions sympathisé. Il avait demandé à me revoir, me fixant rendez-vous à Bruxelles dans – tout un symbole – le café « la Mort subite ». Il insista pour que je tourne dans un de ses films. Je ne l’ai jamais fait, mais il me téléphonait de temps en temps. Une fois, il m’invita à l’avant-première de son dernier film. Dans une petite salle de projection, près de la gare du nord de Bruxelles, je me retrouvai assis à côté d’un sosie de Johnny Halliday et de quelques créatures gothiques, pour visionner un court-métrage étrange et sanguinolent. Il appelait cela du « cinéma Z ».

J’ai découvert, derrière le masque du trublion anar, un homme sensible, très gentil et profondément touchant. Maintenant, il est appelé à contempler à visage découvert, l’Amour trois fois saint. A-Dieu, cher Jean-Jacques.

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Mgr Léonard et ses « nouveaux prêtres » – M… Belgique p.17

L’hebdomadaire ‘M… Belgique’ consacre sa couverture et un dossier à Mgr Léonard et son accueil à Bruxelles de la « Fraternité des Saints-Apôtres ». Un des articles se retrouve également dans le journal d’information chrétienne « l’Appel ». Il laisse s’exprimer différents points de vue, ce qui est bien normal. Cependant, demander à Anne Morelli (ULB) et Christian Terras (Golias) de commenter les décisions pastorales de l’archevêque de Malines-Bruxelles, ce n’est pas rechercher la fine nuance… Pour équilibrer le propos, la rédaction m’a suggéré de rédiger une chronique sur le sujet. Ci-dessous, la voici, parue en p.17. Merci à la rédaction de me donner cet espace d’expression:

Et Baby Thatcher devint le social-libéral Guy Verhofstadt.  Et Dany-le-rouge se mua en l’europhile Cohn-Bendit.  La jeunesse est le temps de la fougue ; la sagesse vient souvent avec les années. Cela vaut en politique comme en religion. Si les nouvelles communautés catholiques brillent par leur énergie, pareil dynamisme se paie par des maladies de jeunesse. Il faut trois générations pour que la patine du temps insère durablement une réalité catholique nouvelle dans la vie de l’Eglise. Faut-il, pour autant, les mettre en quarantaine jusque-là ? Non, bien sûr – et Mgr Léonard l’a bien compris. Sans doute, l’accueil de ces « nouveaux prêtres » manque-t-il parfois de prudence. Cependant, je préfère le manque de prudence à l’excès de méfiance. Quand Mgr Léonard était encore évêque de Namur, il accueillit de nombreuses communautés nouvelles dans son diocèse. Combien de fois n’ai-je pas entendu certains confrères prédire qu’il saborderait la vie paroissiale en accueillant ces hordes de chiens fous ? Il y a quelques années, le nouvel évêque de Namur me demanda de prêcher une retraite spirituelle aux prêtres du diocèse, ayant dix années de service. Il y avait là beaucoup de membres de communautés nouvelles.  Ils s’étaient frottés sur le terrain à la réalité de la vie pastorale et ressemblaient déjà presque comme deux gouttes d’eau à leurs confrères « classiques ».   La jeunesse est le temps de la fougue ; la sagesse vient souvent avec les années… Si on lui laisse le temps de mûrir.

 

 

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« La mère de toutes les églises » – Dédicace Basilique Latran, Année A

«Mais le Temple dont Il parlait, c’était Son corps » (Jean 2, 13-22)

Le calendrier liturgique de ces derniers jours, nous fait prendre quelques détours. Dimanche dernier, 2 novembre, nous célébrions le jour de prière pour les défunts. Ce dimanche, 9 novembre, est dédié à la dédicace de la basilique du Latran. Il s’agit de la cathédrale de la ville de Rome et donc de l’église du Pape. A ce titre-là, elle est reconnue comme la « mère de toutes les églises du monde ».

Il est bon quand chacun célèbre dans « sa » paroisse, de se souvenir qu’un lieu de culte est lié à un diocèse – autour d’une cathédrale, siège de l’évêque. Et que chaque diocèse, est lié à une église universelle, dont Rome est le signe de ralliement – avec la cathédrale Saint-Jean de Latran pour tête. Cela nous aide à nous décentrer de nos petites querelles de chapelle. Nous faisons partie d’un grand tout – organique. Bien plus qu’une question de pierres de taille, il s’agit d’un lien dans l’Esprit, qui fait de nous les pierres vivantes d’un Temple – dont le Christ est le corps (Jean, 2, 21)

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« Ensemble – par-delà la mort » – Commémoration des défunts

« Mais Jésus, poussant un grand cri, expira » (Marc 15-16, 33-6)

Durant les années ’70 du XXe siècle, il était de bon ton de parler de la « mort de Dieu ». A cela, un chrétien peut répondre : Oui – en Jésus – Dieu a voulu connaître la mort – comme nous. La mort est une expérience définitive. Le défunt ne reviendra pas à la vie. Expérience définitive, certes, mais pas ultime, car la mort se traverse. Elle est passage vers « l’Ultra-vie », la vie en Dieu. Telle est la promesse de la Résurrection. L’Eglise catholique commémore ce 2 novembre, la multitude d’hommes et de femmes qui ont vécu leur grand passage. Les chrétiens sont invités à prier avec eux, mais aussi pour eux. En effet, tout comme l’œil qui sort de la cave doit s’habituer à la lumière éclatante du soleil, de même beaucoup de nos chers disparus ont besoin – pour entrer dans la divine Lumière – d’une transition qui dilate leur cœur (état que l’Eglise du moyen-âge appela le « purgatoire »). La prière pour les défunts est donc une expression de la solidarité spirituelle qui unit les pèlerins de la terre à ceux du ciel. En observant le nombre impressionnant de nos contemporains qui – en ce début de XXIe siècle – visitent encore les cimetières, nous constatons que l’affection pour les morts rejoint une intuition spirituelle profonde. En priant pour un défunt, nous l’accompagnons sur le chemin de notre commune destinée en espérance – la pleine communion dans l’Amour trois fois saint. Alors, l’adieu devient « à-Dieu ».

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