Cigale orthodoxe & fourmi protestante – M…Belgique p.10

Ci-dessous, voici ma chronique, parue cette semaine en p.10 de M… Belgique. Merci à la rédaction de me donner cet espace d’expression.

A l’heure où j’écris ces lignes et malgré une offre de la toute-dernière-dernière… dernière chance faite par l’Eurozone, le « Grexit » semble inévitable. Chacun convient que les Grecs ont leur part de responsabilité dans ce marasme.  Et que la posture parfois matamoresque empruntée par Syriza n’a pas contribué à calmer le jeu. Mais…

Mais… je me trouvais, il y a quelques jours, en réunion avec un ancien ministre des Finances belge. L’homme n’a rien d’un trotskiste et est un expert reconnu en matière de finances publiques. Il me glisse : « Bien sûr qu’Athènes doit poursuivre ses efforts d’assainissement, mais je n’arrive pas à comprendre pourquoi l’Europe refuse d’envisager une restructuration de la dette grecque. Ce serait faire preuve de bon sens. Evidemment – pour les Allemands, le sujet est délicat. »  Tout le monde sait que la Grèce ne pourra jamais rembourser l’intégralité de ses dettes. Chacun comprend que – sans un geste de solidarité européenne – Athènes va passer du découragement au repli sur soi, et même – qui sait ? – se détourner de Bruxelles pour se jeter dans les bras de Moscou. Alors ?

Alors, c’est Bruno Colmant qui voit juste : Le blocage est émotionnel et a des racines d’ordre religieux. Dans l’Allemagne protestante, « dette » se dit « Schuld » – ce qui signifie également « faute ». Qui s’endette, se met dans son tort – telle la cigale. Si la fourmi n’est pas prêteuse, c’est pour ne pas sembler récompenser le vice plutôt que la vertu.

 

 

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« L’herbe est toujours plus verte… » – 14° dimanche, Année B

 «Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa famille et sa propre maison ». (Marc 6, 1-6)

Elle est presque comique, cette scène décrivant Jésus qui retourne prêcher à Nazareth – son village. On entend d’ici les commérages : « Non mais ! Pour qui se prend-il à nous faire la leçon ? Nous l’avons connu en culotte courte! » Devant le peu de foi de ses familiers, Jésus ne réalise que de rares signes du royaume (miracles).  

Nous ressemblons à ces Nazaréens. Nous partons bien loin en vacances, mais connaissons mal notre région. Les hommes politiques du passé, étaient des hommes d’état, alors que ceux du présent sont des médiocres –  sauf peut-être s’ils gouvernent un pays lointain. Nous rencontrons des gens « formidables » sur internet, mais trouvons nos proches tellement décevants. Bref – comme l’énonce le dicton – « l’herbe est toujours plus verte chez le voisin ».

Et pourtant… quand l’Evangile nous parle des autres, il décrit surtout notre « prochain » – c’est-à-dire celui qui vit près de moi, tous les jours, dans mon quotidien. C’est avec lui qu’il me faut apprendre à cheminer à l’écoute de l’Esprit. Parfois même, nous pouvons devenir « prophètes » l’un pour l’autre – c’est-à-dire parole de Vie.

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Blog : bilan du mois de juin

En juin 2011, ce blog recevait 3464 visites et 5721 pages furent visionnées ; (pas de chiffres pour juin 2012) ; en juin 2013 4236 visites pour 6339 pages vues ; en juin 2014 3686 visites pour 4571 pages vues. Ce mois de juin 2015, il reçut 2898 visites pour 3391 pages vues.

Le lectorat belge compte 1829 visites. La France suit avec 302 visites et le Royaume-Uni avec 57 visites.

L’article le plus fréquenté fut encore et toujours « Le PS et les cathos » du 28 mai avec 213 visites. Vient ensuite « Un 18 juin pas comme les autres » du 18 juin avec 130 visites et « Génération #Respi » du 12 juin avec 116 visites.

Merci aux lecteurs et suite au mois prochain.

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Le temps & la santé des gens – M…Belgique p.10

Ci-dessous, voici ma chronique, parue cette semaine en p.10 de M… Belgique. Merci à la rédaction de me donner cet espace d’expression.

C’est un argument rhétorique aussi creux, qu’usé. A chaque fois qu’un responsable catholique prend la parole sur un sujet de société, il se trouve quelque critique pour persiffler : « Il viole la séparation entre l’Eglise et l’Etat ». Ou plus mollement : « Il ne vit pas avec son époque ». Entendons-nous bien. Chacun a le droit de critiquer les prises de position catholiques – voire de les juger stupides et inappropriées. Mais avec des arguments de fond – SVP – et non pas des maximes qui les décrédibilisent par principe. Les cathos ont le droit de se prononcer – comme tout acteur de société civile – sur un sujet de société. Et si leur parole va parfois à contre-courant du siècle, cela ne signifie pas pour autant, qu’elle n’est pas pertinente.

Il est cocasse de remarquer que, depuis l’avènement du pape François, c’est exactement le même type d’argument creux qui est manié par certains « ultra-papistes », pour contrer son enseignement. En réaction à l’encyclique Laudato Si, les très catholiques candidats républicains à la présidentielle Jeb Bush et Rick Santorum, regrettent que le pape s’égare dans un domaine scientifique qui n’est pas de sa compétence (le réchauffement climatique), plutôt que de se cantonner à un discours moral. Comme si l’avenir de la planète n’était pas un sujet moral… Jadis, pour ne fâcher personne, les bourgeois ne parlaient que du temps et de la santé des gens. Mais voilà, c’est justement de cela que traite l’encyclique. Et cela fâche quand même.

 

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« Dieu de vie » – 13° dimanche, Année B

«Je te le dis, lève-toi». (Marc 5, 21-43)

C’est sans doute un des clichés les plus injustes concernant le christianisme : ce soupçon tenace chez tant de nos contemporains, qu’il s’agirait d’une religion hostile à la vie. A les entendre, la foi chrétienne empêcherait d’être pleinement vivants. Même si des maladresses peuvent parfois donner cette impression, la vérité est à l’opposé. Ainsi, l’Evangile de ce dimanche, qui nous montre un Jésus qui redresse, relève, ranime… Bref, un Christ qui rend à la vie. Le Dieu de l’Evangile nous veut vivants. Et les exigences morales de notre foi, ne sont pas là pour nous empêcher de profiter de l’existence. Il s’agit de balises destinées à nous faire goûter à la liberté spirituelle.

La vie est à l’image de ce tour de France qui débute la semaine prochaine. Il s’agit d’une course d’endurance par étape. Avec ces coups de chaleurs, ces cols à gravir et son lot de crevaisons. Mais avec Christ, l’arrivée sur les Champs Elysées est promise à tous. Avec Lui, il y a même un podium pour la queue de peloton – pour les ouvriers de la 11° heure. La seule chose qu’Il veut éviter, c’est nous voir abandonner. Le Christ est un entraineur sportif qui lance à chaque chute de vélo : « Je te le dis, lève-toi »

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Dindon européen & farce bancaire – M…Belgique p.10

Ci-dessous, voici ma chronique, parue cette semaine en p.10 de M… Belgique. Merci à la rédaction de me donner cet espace d’expression.

En 1933, les Etats-Unis adoptent le Glass-Steagall Act, en réaction au krach boursier de 1929. Les métiers de banque de dépôt et de banque d’investissement sont séparés, ce qui empêche d’encore spéculer avec le bas de laine des épargnants. Hélas – sous la pression des marchés – cette régulation fut contournée, puis abandonnée en 1999. Résultat : en 2008, la crise des subprimes devient mondiale, les banques ayant une nouvelle fois investi nos épargnes dans l’économie casino.  Pour éviter la ruine du citoyen, les Etats s’endettent en garantissant les pertes bancaires. En brave dindon, le contribuable européen rembourse ainsi une part de la crise immobilière américaine. Séparer les métiers de banque revient à l’ordre du jour. Vickers commission au Royaume-Uni (2012) ; Volcker rule aux USA (2013).  Vacuum… pour l’Union européenne, incapable de voter un décret de régulation bancaire. Les avocats du secteur financier avertissent, en effet, que ceci nuirait à sa capacité de contribuer à la croissance économique. Pas faux. Voilà pourquoi nombre d’eurodéputés, même de gauche, semblent paralysés. Mais pareil raisonnement est celui du type dont la maison aurait brûlé si les pompiers n’avaient éteint l’incendie, mais qui trouve ensuite trop coûteux de se conformer aux règles de sécurité antifeu. En cas de nouveau krach, l’épargnant américain et britannique sera quelque peu protégé. Mieux en tout cas que le dindon européen, qui fera une fois encore, les frais d’une bien mauvaise farce.

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« Abide with me » – 12° dimanche, Année B

 «En ce jour-là, le soir venu, Jésus dit à ses disciples : Passons sur l’autre rive. » (Marc 4,35-41)

La vie est passage – de l’enfance à l’adolescence ; de l’âge adulte à l’automne de la vie. Nous passons d’une rive à l’autre et – parfois – de violentes tempêtes secouent le frêle esquif de nos existences. Alors, nous prenons peur et – même si nous ne sommes pas très religieux – une prière s’échappe de nos lèvres : « Seigneur, je coule – cela ne te fais rien ? »  Et pourtant, si souvent, le Seigneur semble endormi, comme s’Il nous laissait seul, avec notre frayeur.

Le Christ n’a jamais promis qu’il n’y aurait pas de tempêtes. Il n’a pas, non plus, promis que – tel Zorro – Il nous sortirait de toute épreuve. Non – il a simplement promis qu’Il resterait avec nous dans la barque – jusqu’à ce que celle-ci ait rejoint l’autre rive. Alors, soyons dans la paix.

S’il y a des paroles que j’aimerais entendre au jour de mes funérailles, ce sont celles du vieil hymne anglican de Henry Lyte, “Abide with me” (« Reste avec de moi »): ”I fear no foe, with Thee at hand to bless; Ills have no weight, and tears no bitterness. Where is death’s sting? Where, grave, thy victory? I triumph still, if Thou abide with me.” (« Je ne crains aucun ennemi, tant que – tout proche – Tu bénis. La maladie ne pèse pas et les larmes ne sont pas amères. Où est l’aiguillon de la mort? Où la victoire de la tombe? Je triomphe de tout cela, Seigneur, tant que Tu restes avec moi ».)

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Un 18 juin vraiment pas comme les autres…

Ce 18 juin 2015 n’est décidément pas un jour comme les autres….

Encyclique « Laudato si » – enfin !
Ce 18 juin est rendue publique, une encyclique qui fera date dans l’histoire de l’Eglise et – sans doute – de l’humanité. A l’instar de ce que fut l’encyclique « Rerum novarum » (1891) du pape Léon XIII pour les questions socio-économiques, « Laudato si » est le premier enseignement pontifical de ce niveau, qui adresse la question écologique. J’aurai l’occasion de revenir sur le sujet, quand j’aurai lu l’encyclique, mais ci-dessous ce que j’écrivais à ce sujet,  il y a 10 ans dans mon ouvrage « Lettre ouverte aux déçus du christianisme » (éd. Médiaspaul 2005 Réédité en 2009 sous le titre : « Pourquoi je ne crois pas en la faillite du christianisme », éd. Nouvelle Cité) à la page 203 :

« L’exploitation sans limites des ressources de la planète ne fait pas grandir l’homme. Ce viol permanent de la nature nuit à l’humanité. Malheureusement, hormis quelques consciences courageuses, le massacre de la forêt amazonienne et la pollution de nos océans ne récoltent de notre part que des larmes de crocodiles. Avec la fonte de la calotte polaire, la phrase attribuée à Louis XV – « après nous, le déluge » – pourrait se vérifier au sens le plus littéral du terme.
A la décharge des hommes d’aujourd’hui, il faut reconnaître qu’on ne change pas de société comme de chemise. Notre monde est un paquebot peu manœuvrable, naviguant à pleine vitesse. Quant à la démocratie, elle fonctionne avec pour principal horizon, les prochaines élections. Le discours écologique demande aux hommes d’aujourd’hui de se serrer la ceinture pour le bien-être de leurs petits-enfants. Si demain, plus une voiture ne roule, cela créera beaucoup d’inconfort et de chômage, mais les effets sur le climat de la planète ne se feront pas sentir avant un siècle. Alors, plutôt ne rien changer et se préparer à voir des bananiers pousser en plein cœur de Bruxelles, ainsi que des méduses dormir sur les vestiges d’Amsterdam.
Un dicton populaire rappelle sans ménagement : « Dieu pardonne toujours ; l’homme pardonne parfois ; la nature ne pardonne jamais ». Notre société ressemble au Titanic, à la différence près que tout le monde voit l’iceberg, mais que personne n’a le courage de donner l’impopulaire coup de gouvernail qui nous fera éviter l’obstacle. Dans trois siècles, les civilisations survivantes sur notre planète bleue, seront-elles peuplées de fourmis et de scarabées ? Si difficile la question écologique soit-elle, nous n’avons pas le choix. Il faut réagir et c’est à l’Occident de montrer l’exemple, car c’est lui qui a engendré un tel monde. A cet égard, le rôle prophétique des Églises chrétiennes est non négligeable. Imaginons-nous une encyclique du Pape, utilisant des mots forts pour réveiller les consciences et invitant les catholiques à montrer l’exemple en vivant autrement. Pensons également à un épiscopat catholique américain faisant lourdement pression en ce sens sur des candidats à l’élection présidentielle.
Pour l’instant, les prises de paroles des Eglises dans ce domaine n’en sont qu’à leurs balbutiements. Je pense qu’il y a urgence. L’histoire retient qu’au XIXe siècle, l’Église catholique s’est intéressée tard à la condition du prolétariat, non seulement parce que la question était complexe, mais aussi parce qu’elle était tétanisée par la perte de son emprise en politique suite à la Révolution française. Il ne faudrait pas que les générations futures déplorent que l’Église catholique ait négligé le drame écologique du XXe siècle, car trop préoccupée par la baisse de son influence sur la famille. »

Waterloo, bien sûr – mais il y a 75 ans…  C’est, bien sûr, le bicentenaire de la bataille de Waterloo… Mais aussi le 75 anniversaire de deux célèbres discours – prononcés à l’ombre de Napoléon.

Churchill – qui appelait son chat « Nelson », mais avait un buste de l’empereur français sur son bureau – fit ce 18 juin ’40, son célèbre discours au Communes sur « la plus belle heure » : « What General Weygand has called the Battle of France is over … the Battle of Britain is about to begin. Upon this battle depends the survival of Christian civilisation. Upon it depends our own British life, and the long continuity of our institutions and our Empire. The whole fury and might of the enemy must very soon be turned on us. Hitler knows that he will have to break us in this island or lose the war. If we can stand up to him, all Europe may be freed and the life of the world may move forward into broad, sunlit uplands. But if we fail, then the whole world, including the United States, including all that we have known and cared for, will sink into the abyss of a new dark age made more sinister, and perhaps more protracted, by the lights of perverted science. Let us therefore brace ourselves to our duties, and so bear ourselves, that if the British Empire and its Commonwealth last for a thousand years, men will still say, This was their finest hour.”

Et de Gaulle – l’autre grande figure tutélaire de la grandeur française – prononça ce même 18 juin ’40,  son prophétique appel : « Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là. »

Ramadan Enfin, c’est aujourd’hui que débute le Ramadan pour nos compatriotes de religion musulmane. Ils sont invités – et ce jusqu’au 17 juillet (fête de l’Aïd el-Fitr) – à ne pas manger, boire, fumer et avoir de relations sexuelles entre le lever et le coucher du soleil. Que ce temps de vigilance spirituelle leur soit profitable.

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Génération #Respi – La Libre 12 juin p.55

Ce vendredi 12 juin, est parue ma chronique du mois dans le quotidien La Libre en p.55.

Pour lire cette chronique, cliquez sur « Génération #Respi »

Merci à la rédaction de La Libre de m’offrir cet espace d’expression.

 

 

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« Sans bruit, pousse la semence » – 11° dimanche, Année B

 «Nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit». (Marc 4, 26-34)

Il y a un quart de siècle naissait le mouvement punk. Des jeunes en révolte criaient de rage contre la société. Leur credo était : « no future ». La plupart sont aujourd’hui mariés et parents. Quelques-uns sont cependant morts d’overdose ou de suicide. Aujourd’hui, le « no future » est plus diffus et généralisé. De récentes enquêtes nous l’enseignent : 8% des sondés belges entre 18 et 75 ans auraient déjà tenté de se suicider, 10% souffrirait d’angoisse ou de dépression, 57% sont inquiets pour l’avenir de leurs enfants et le même % aurait besoin d’un accompagnement psychologique. Face à la crise et à la précarité, la foi chrétienne n’a pas de solution magique à proposer. Le christianisme n’est pas un opium qui sert à oublier et accepter. Cependant, la vie avec Christ nous construit intérieurement dans la confiance. Si une dose de stress fait partie de toute vie, l’Esprit du Ressuscité nous rappelle que rien – même pas la mort – ne peut vaincre la puissance de l’Amour. Celle-ci est croissance sans bruit – telle la petite graine de moutarde, qui devient un géant de la forêt. Alors, malgré les épreuves, abordons l’avenir avec confiance: «Nuit et jour, que le semeur dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit».

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