« Eloï, Eloï,…» – Dimanche des Rameaux et de la Passion, Année B

« La sixième heure étant venue, il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte: Eloï, Eloï, lama sabachthani? ce qui signifie: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? (…) Jésus, ayant poussé un grand cri, expira. Le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas. Le centenier, qui était en face de Jésus, voyant qu’il avait expiré de la sorte, dit: Assurément, cet homme était Fils de Dieu.» (Marc 14, 1-15, 47. Marc 15, 1-39)

Avec le dimanche des Rameaux débute la « Semaine Sainte », c’est-à-dire la sainte semaine des chrétiens. La semaine où est résumé le mystère de notre foi en un Dieu qui aime l’humanité à en mourir. De cet Amour fou qui transfigure nos péchés, les rameaux qui orneront les crucifix de nos maisons, sont le rappel tout au long de l’année.

Ne vivons pas cette semaine de façon distraite. Si nous le pouvons, participons aux offices de la semaine sainte et au chemin de croix dans les rues de Liège. Ainsi, nous retrouverons-nous pour célébrer la Pâques du Christ avec un cœur de ressuscité.

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Le Royaume… – La Libre 24 mars p.55

Ce mardi 24 mars, est parue ma chronique du mois de décembre dans le quotidien La Libre en p.55.

Pour lire cette chronique, cliquez sur « Le Royaume… »

Merci à la rédaction de La Libre de m’offrir cet espace d’expression.

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

« Mourir pour vivre » – 5e dimanche de Carême, Année B

« Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit.  ». (Jean 12, 20-33)

Pâques signifie « passage ». Nous sommes tous des passants : embryon, enfant, adolescent, adulte, vieillard,… Du point de vue de la matière, nous passons de la vie à la mort. Parfois de manière brutale et beaucoup trop tôt. Mais pour tous, la mort terrestre est la seule issue biologique dont nous soyons assurés. Cependant, il existe un autre regard : celui de l’Esprit (ou de l’esprit avec un petit « e », car ce qui suit vaut aussi – de façon adaptée à leurs convictions – pour les agnostiques et les athées). Spirituellement nous ne vivons pas pour mourir, mais sommes au contraire appelés à mourir pour vivre. Chaque décision que nous prenons est une mort à tous les possibles que pareille décision élimine, en vue de vivre le choix que nous avons fait. Comment choisir ? Ici, le Christ nous enseigne Sa voie radicale – le chemin de la Pâques : mourir à tout ce qui est repli sur soi pour vivre de la seule réalité spirituelle qui ne passe pas, car elle vient de Dieu et retourne à Dieu – l’amour. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit.  ». Précision : Il ne s’agit pas de l’amour sentimental ou fusionnel, mais bien de l’amour qui donne et reçoit en vérité. Un amour à l’image de la Trinité – éternel échange d’amour entre le Père et le Fils dans l’Esprit. Le chemin de la Pâques est un chemin exigeant et souvent à contre-courant de notre société de consommation. Mais il n’a rien de masochiste. Il s’agit au contraire d’un chemin de résurrection et de vie : « Celui qui aime sa vie (c’est-à-dire égoïstement) la perd ; celui qui s’en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle ». 

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Cours de citoyenneté : De si apparentes convergences laïques

Rouleau compresseur
Ce dimanche, les responsables de tous les cultes reconnus en Belgique et de la laïcité philosophique, ont marché ensemble pour la paix. J’ai personnellement remercié Henri Bartholomeeussen, président du Centre d’Action Laïque (CAL), pour sa présence et ses paroles ce jour-là. L’amitié que j’ai pour de nombreux laïques philosophique ne m’empêche cependant pas de rester lucide, face à l’actuel forcing, déployé pour remplacer les cours de religions et de morale laïque par un cours de citoyenneté. La tactique utilisée, est identique à celle qui fut jadis appliquée pour faire avancer les grands dossiers éthiques : Surfer sur l’actualité (drame « Charlie Hebdo » – relire ma chronique « Au diable les cours de religion ? »), recours citoyens devant la justice, relais politiques à droite comme à gauche et campagne médiatique bien orchestrée. Il y a quelques mois, j’avais prévenu divers responsables religieux que les prochaines « avancées » du monde laïque se feraient dans le domaine de l’enseignement. Je ne m’étais pas trompé. Nous assistons au déploiement d’un réel rouleau compresseur, destiné à bouter les cours confessionnels hors du champ scolaire – pour les remplacer par un cours neutre. Paraphrasant un article du directeur de la Cellule « Étude et Stratégie » du Centre d’Action Laïque à l’époque du débat sur l’euthanasie des mineurs (« De si étranges convergences religieuses »),  j’évoque ici « de si apparentes convergences laïques ».

Arrêt « providentiel »
Que des parents lambda ne souhaitent pas voir leur enfant s’inscrire à un cours de morale laïque, « trop engagé pour être neutre » et saisissent le Conseil d’état – qui pourrait le leur reprocher ? Que le Conseil d’état pose une question préjudicielle à la Cour Constitutionnelle – quoi de plus normal ? Que cette Cour suprême dise le droit – que demander d’autre ? Mais que la maman de l’enfant à l’origine du fameux arrêt de la Cour Constitutionnelle, soit par ailleurs la responsable de la Régionale de Bruxelles de la FAPEO, association représentative des parents de l’enseignement officiel et une des associations fondatrice du même Centre d’Action Laïque, dont… sa démarche en justice vise à récuser les cours de morale laïque – voilà qui devient singulièrement schizophrénique. Ou au contraire – bien orchestré. Planification que confirme d’ailleurs son conjoint – à l’annonce du verdict de la Cour – en rappelant que le but final de son initiative « est que tous les enfants puissent bénéficier d’un réel cours de philosophie, de droit et de citoyenneté. » Et avertissant qu’il est attentif à l’éventuel détournement de la décision de la Cour constitutionnelle.: « Il ne faudrait pas que le seul cours de morale laïque soit remplacé par un cours de philosophie, mais que cela concerne tous les élèves. » Qu’aucun média ne relève que les requérants ne sont pas des citoyens lambda, mais bien des militants engagés d’une cause, voilà qui me trouble. Dès que l’arrêt tombe, les partis politiques embrayent en chœur – sauf un – taxé par des journalistes de « conservatisme » et le CAL applaudit, en déclarant que désormais les cours de religion sont facultatifs. (Faux : L’arrêt de la Cour Constitutionnelle ne parle que d’une possibilité pour les parents de demander la dispense de ces cours). Pour tout commentaire, on invite sur les plateaux médiatiques – outre les politiques – la maman requérante, ainsi que le directeur de la cellule « Etude et Stratégie » du CAL. Grands oubliés des rédactions : les parents vraiment « lambda » et les professeurs de religion, ou de morale laïque. Débat ouvert ? Non – dossier bouclé.

 Hors du libre-examen… point de salut ?
Le CAL m’objectera qu’il ne souhaite nullement supprimer les cours de religions de l’enseignement officiel, mais à les rendre facultatifs (ces cours sont prescrits par la Constitution). A l’heure où les enveloppes budgétaires de l’enseignement sont fermées, un tel argument n’a pas de prise sur le réel. Avec la mise en œuvre d’un cour commun « neutre » sur le fait religieux, les cours philosophiquement dédicacés seront marginalisés, avant de disparaître via une adaptation de la Constitution à la réalité scolaire. Dont acte – mais il y a la suite, qui ne s’énonce qu’à demi-mots : Selon l’avis du CEDEP (Centre d’étude et de défense de l’école publique), qui représente la laïcité philosophique dans l’enseignement, ce nouveau cours de citoyenneté « neutre » ne pourra pas être donné par les actuels professeurs de religion. En effet, il ne seraient pas formés dans ce but. « Leur rôle est d’enseigner une option philosophique particulière et on ne peut en même temps attendre d’eux qu’ils enseignent les différentes manières de penser, de façon équilibrée, neutre et impartiale ». Curieusement, le CEDEP n’inclut pas dans son jugement les profs de morale laïque, qui – moyennant un petit complément de formation – seraient donc parfaitement idoine pour le job. Comme je l’écrivais déjà ce 19 juillet dernier : L’argument laisse pantois, car il sous-entend qu’un professeur de religion ne serait pas un enseignant à part entière, mais une espèce de prosélyte masqué. Un catholique convaincu ne pourrait-il donc pas enseigner ce cours à la citoyenneté? Si oui – qu’est-ce qui l’empêcherait d’également donner cours de religion? Si non – cela signifie-t-il que seul un laïque philosophique serait apte à donner le cours de citoyenneté? Il y a quelque temps, un ami franc-maçon m’offrit un stylo en forme de « pavé symbolique », un damier blanc-noir qui représente en maçonnerie la dualité, l’harmonie et l’équilibre. Force est de constater que le projet éducatif, tel que déployé actuellement par le CAL, n’a guère intégré cet idéal. Hors de l’approche libre-exaministe… point de salut ?

 

 

Publié dans Non classé | 10 commentaires

L’engagement, plutôt que les slogans – M…Belgique p.10

Ci-dessous, voici ma chronique, parue cette semaine en p.10 de M… Belgique. Merci à la rédaction de me donner cet espace d’expression:

 « Se dire « Charlie » – c’est bien. Agir en « Charlie » – c’est mieux » C’est ainsi que Jean-Pascal Labille explique son engagement au service de la fondation « Ceci n’est pas une crise », en lutte contre les replis identitaires. (www.cecinestpasunecrise.org)  Démarche « maline » de la part d’un politique désireux de cultiver son image – comme l’écrivent d’aucuns ?  Toute motivation est ambiguë, mais je préfère les hommes qui se bougent à ceux qui se lamentent les bras croisés. L’engagement surclasse les slogans. Aux côtés de Kroll, Maystadt, Domb ou Colmant,… j’ai donc rejoint l’aventure. D’où ma colère face à la mauvaise querelle faites aux Enfoirés, suite à « Toute la vie », la nouvelle chanson écrite par Goldman pour leur spectacle. Démarche vulgaire d’artistes se faisant de la pub sur le dos de la misère ? Comment peut-on penser cela ? Les Enfoirés rapportent 22 millions d’euro par an aux Restos du cœur. Face à la misère, Goldman et sa bande ne se contentent pas de l’indignation. Ils se bougent les fesses ! Sans les comparer avec l’Abbé Pierre, cela mérite le respect. Ce dimanche 15 mars à 14h, la marche « Together in peace » partira de la gare du midi à Bruxelles. Un acte citoyen, par lequel les autorités chrétiennes, juives, laïques et musulmanes signifient le refus de la peur et l’attachement au vivre-ensemble. Viendrez-vous ? Vous êtes attendus.  L’engagement, plutôt que les slogans.

Renseignements: www.togetherinpeace.be et www.facebook.com/togetherinpeace2015

 

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

« Laetare – La joie de l’Evangile » – 4e dimanche de Carême, Année B

« Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu ». (Jean 3, 14-21)

Le 4° dimanche de Carême – moment de la mi-carême – est aussi appelé Laetare, c’est-à-dire dimanche de la joie. Non pas une joie provoquée par des excitants externes, mais une joie qui rayonne de l’intérieur. Telle est la joie qu’éprouve celui ou celle qui accepte de se laisser regarder par le Christ en croix. Le Crucifié pose sur chacun de nous un regard sans complaisance, mais aussi sans jugement. Un regard d’amour inconditionnel, qui murmure : « Voilà qui tu es, par-delà tous tes masques. Sache que tel que tu es, Je t’aime ». Celui qui fuit ce regard « est déjà jugé », car il s’enfonce dans les ténèbres de ses propres mensonges et ne vit qu’au niveau des apparences. Au contraire, celui qui accueille le regard du Christ ne cherche plus d’excuses. Il désire la divine Lumière : « celui qui agit selon la Vérité, vient à la lumière ». Telle est l’expérience du salut. « Amazing grace » (grâce surprenante)  chante une vieil hymne écossais – en poursuivant : « j’étais perdu et maintenant, je suis trouvé ». D’où la « joie de l’Evangile » – comme l’appelle notre pape François.

Publié dans Non classé | 2 commentaires

Cour constitutionnelle et cours de religion

L’arrêt de la cour constitutionnelle déclare que le caractère obligatoire des cours des religion et de morale laïque dans l’enseignement officiel de Belgique francophone serait contraire à la constitution et aux droits de l’homme. Dont acte.

Pour rappel, la «neutralité » de ces cours était assurée à l’origine par un cours de morale laïque « neutre », mais le Centre d’Action Laïque en fit par la suite un cours «engagé » au service du libre-examen. D’où la difficulté actuelle. Pourtant, le Centre d’Action Laïque applaudit l’arrêt de la Cour, car il souhaite que tous les cours philosophiques soient « neutralisés », pour se fondre dans un cours de philosophie. Cette volonté n’est pas un scoop.

Personnellement, je ne puis que rappeler ce que j’ai écrit dans le quotidien « La Libre », il y a quelques semaines. Et d’ajouter que, par rapport à la nouveauté que constitue cet arrêt, il s’agit de le gérer comme en Flandre. Les élèves que leur parents souhaitent dispenser de cours philosophiques, recevront un autre encadrement. Pourquoi pas un travail pédagogique dans le prolongement de l’heure commune de cours à la citoyenneté – que l’enseignement officiel s’apprête à inaugurer ? D’autres pistes peuvent être envisagées, mais je le redis : Si l’école traite la spiritualité comme une matière toxique à n’enseigner que sous protection du filtre d’une hypothétique neutralité ; si elle renonce à intégrer la croissance spirituelle du jeune dans son offre pédagogique – il ne faudra pas s’étonner que certains élèves fragiles nourrissent encore davantage leur quête de sens en fréquentant d’obscures officines et des sites web fanatisés. Le drame Charlie rappelle l’importance de la laïcité. Mais il existe d’autres modèles que la laïcité à la Française. A l’école, comme ailleurs – chassez le spirituel…

 

 

Publié dans Non classé | 7 commentaires

Union des religions en Belgique: «Nous voulons marcher les uns à côté des autres» – Le Soir p.22

Carte blanche parue ce jour en p.22 du Soir. Ce dimanche – Participez!
Renseignements: www.togetherinpeace.be et www.facebook.com/togetherinpeace2015

Ce dimanche 15 mars, l’heure sera à l’unité et au rassemblement dans les rues de Bruxelles. A l’appel de tous les responsables nationaux des religions reconnues en Belgique et de la laïcité, se tiendra une marche nationale « Together in peace – Liberté et Respect ». Objectif : affirmer les valeurs de tolérance et de solidarité mises à mal depuis le début de l’année. Les promoteurs de l’initiative précisent ici la portée de cet événement.

À la fin de cet hiver, force est de le constater : l’année 2015 n’a pas bien commencé. Les conflits armés et le chaos augmentent aux frontières orientales et méridionales de l’Europe. Cela ne reste pas sans répercussion sur notre société.

Les actes terroristes récents à Paris et Copenhague et les attentats déjoués en Belgique créent un climat de peur. Cette stratégie de la terreur vise à accroître la polarisation dans la population afin que les groupes se dressent les uns contre les autres. L’impact en est significatif, notamment sur les enfants et sur les jeunes, comme cela se voit dans nos écoles.

Nous ne voulons pas céder à cette stratégie de la terreur. L’État a le devoir de protéger les libertés démocratiques ainsi que tous les citoyens, particulièrement ceux qui appartiennent à des minorités. Les autorités belges ont pris cette tâche au sérieux. Nous leur en sommes reconnaissants.

En même temps, comme représentants officiels des religions reconnues et de la laïcité dans ce pays, nous sommes conscients de notre propre responsabilité : celle d’encourager nos fidèles et sympathisants à s’engager activement en faveur du vivre ensemble dans la paix, de la protection des libertés démocratiques propres à l’État de droit et du respect fondamental de chaque être humain, quelle que soit sa croyance ou sa conviction.

L’État de droit a besoin de lois. La société, elle, se conforte également grâce aux personnes et aux groupes qui l’inspirent. C’est à cela que nous, représentants des Églises chrétiennes, du judaïsme, de l’islam et de la laïcité en Belgique, voulons nous engager, en paroles et en actes.

Le 14 janvier 2015 nous avons signé, à l’invitation du Premier Ministre, une déclaration qui énonçait notre volonté commune de défendre et promouvoir les libertés fondamentales et notre socle commun de valeurs. Ceci se fonde sur nos différentes traditions spirituelles et philosophiques.

Respect fondamental

Aujourd’hui, nous voulons faire un pas de plus. Ensemble, nous avons décidé d’organiser la marche nationale ‘Together in Peace – Liberté et Respect’ du dimanche 15 mars 2015. Cette initiative concrète et commune est une nouveauté pour notre pays. Nous voulons marcher les uns à côté des autres dans les rues de Bruxelles, pour montrer et fortifier notre désir de vivre ensemble dans la paix. Nous invitons les associations et les citoyens de bonne volonté à s’associer à ce mouvement. Nous tenons à remercier les associations qui l’ont déjà fait, en particulier la Communauté de Sant’Egidio, qui a assumé la responsabilité de coordonner cette initiative.

Durant notre marche, nous nous arrêterons devant une mosquée, une synagogue, une maison de la laïcité, une cathédrale orthodoxe, une église catholique et un temple protestant : des lieux qui symbolisent le pluralisme philosophique et religieux de notre pays et de l’Europe. Cela sera un signe du respect fondamental que l’on se doit l’un à l’autre et de la solidarité profonde qui nous lie. C’est un acte par lequel nous voulons valoriser et protéger l’autre, avec sa croyance et sa conviction.

Tous, en effet, nous avons des motifs de crainte. Les citoyens juifs, qui ont été une fois de plus la cible d’une nouvelle forme d’antisémitisme lors des récents attentats, comme cela fut aussi le cas à Bruxelles l’année passée ; les musulmans, qui voient comment leur religion a été détournée par des radicaux violents, ce qui peut alimenter l’islamophobie ; les chrétiens, qui voient comment leurs coreligionnaires sont persécutés ailleurs et qui sont préoccupés pour l’avenir de l’Europe ; les personnes non-croyantes ou avec une croyance différente qui redoutent une hausse de l’obscurantisme religieusement inspiré.

État de droit

Mais aujourd’hui nous ne voulons pas que l’angoisse l’emporte, mais bien la volonté de valoriser l’autre, au-delà de nos différences, et le désir de construire ensemble une société où il y a une place pour chacun, dans la liberté et le respect.

Nous ne voulons pas dissimuler que nos opinions peuvent diverger sur nombre de questions. Ce débat sur l’avenir de notre société, nous devons et nous voulons le mener dans le cadre de l’État de droit démocratique.

Mais aujourd’hui nous voulons dire que beaucoup de choses nous lient aussi : l’amour et l’appréciation de ce pays et de l’Europe, avec leurs capacités de faire vivre ensemble dans la paix des pays et des populations différentes, avec leur liberté d’expression, de conscience et de religion et avec leur protection des droits de l’homme. En ces temps difficiles, porteurs de nombreux nouveaux défis, nous estimons qu’il est plus que jamais nécessaire de mettre de côté ce qui nous divise et d’accentuer ce qui nous unit, par amour de l’humanité.

Le froid hivernal de la méfiance et de la peur passera. Avec confiance, nous attendons un nouveau printemps de liberté, de respect et de paix.

Pour la laïcité : M. Henri Bartholomeeusen, président du Centre d’Action Laïque – M. Sylvain Peeters, président de Unie Vrijzinnige Verenigingen.

Pour l’église anglicane  : Bishop Robert Innes, évêque.

Pour l’église catholique  : Mgr André-Joseph Léonard, président de la Conférence des Evêques de Belgique.

Pour le judaïsme  : Prof. Julien Klener, président du Consistoire central israélite de Bruxelles

Pour les églises protestantes et évangéliques  : M. Steven Fuite, président de l’Union des Eglises protestantes de Belgique – Geert W. Lorein, président du Synode fédéral des Eglises Protestantes et Evangéliques en Belgique

Pour les églises orthodoxes  : Mgr Athenagoras Peckstadt, métropolite de Belgique du Patriarchat œcuménique de Constantinople

Pour l’islam  : M. Nourredine Smaïli, président de l’Exécutif des Musulmans de Belgique


Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Dropped dead…

Emotion ce matin, en apprenant le décès accidentel en Argentine de la navigatrice Florence Arthaud, « la petite fiancée de l’Atlantique »; ainsi que de la nageuse Camille Muffat, du boxeur Alexis Vastine et des sept autres pilotes et passagers des deux hélicoptères utilisés pour l’émission « Dropped ».
Pensées et prières accompagnent les victimes et leur famille.
Souvenirs de la mort de Daniel Balavoine, Thierry Sabine et trois autres personnes, dans un similaire accident d’hélicoptère lors du Paris-Dakar de 1986.
Rappel que – oui – l’aventure que nous visionnons à la TV, affalés dans nos fauteuils, demeure un risque.

Je préfère à ces émissions de téléréalité et courses hors-pistes – l’épopée de Bertrand Piccard et André Borschberg aux manettes du Solar Impulse 2.
Puisse le grand oiseau soleil les ramener sain et sauf à la maison.
Car ses longues ailes portent une part de notre avenir.

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

« Nettoyage de printemps » – 3e dimanche de Carême, Année B

« Il n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme : il connaissait par lui-même ce qu’il y a dans l’homme » (Jean 2, 13-25)

Le « doux Jésus » n’était pas mièvre. Il décide d’organiser un grand « nettoyage de printemps » dans le temple de Jérusalem et en chasse les marchands sans ménagement: « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic ! » En s’attaquant aux juteuses rentrées que ce commerce fournissait à la classe sacerdotale, le Nazaréen se fait de puissants ennemis. Ils seront les premiers acteurs de sa condamnation.

Quand ils lui demandent de justifier son acte, Jésus répond : « Détruisez ce temple et en trois jours, je le relèverai ». Ses adversaires le trouvent présomptueux, mais ne comprennent pas que le nouveau temple – c’est le Christ. En effet, c’est en Lui que la présence du Père se manifeste pleinement.

Par notre baptême, nous faisons partie de ce corps spirituel du Christ qui est l’Eglise. Pourtant, notre cœur reste souvent un lieu de marchandage et de sombres trafics. Le Christ n’en est pas dupe car « Il connaît le cœur de l’homme ». Voilà pourquoi, son Esprit nous invite durant ce temps de carême à entreprendre – à notre tour – un grand nettoyage de printemps, afin de vivre Pâques avec une âme qui soit un temple digne du Père.

Publié dans Non classé | Un commentaire