« Soyez sans crainte ! » – Nuit et jour de Pâques, Année A

« Vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici. Il est ressuscité ».(Matthieu 28, 1-10)

La mort biologique est la seule certitude humaine que nous ayons. Tous nous allons mourir. Même Jésus, le Verbe divin fait homme, a connu la mort – la mort horrible et injuste de la croix. Cependant, si la mort est certaine, elle n’est pas ultime. Tel est le credo de Pâques. « Vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici. Il est ressuscité ».Les baptisés ne se contentent pas de croire en une vie après la mort. Ils annoncent aussi une vie avant la mort. L’Esprit du Christ rend vivant. Dans un monde qui insidieusement nous transforme en momies – enfermés dans les tombeaux de l’avoir, du pouvoir et du valoir – l’Esprit souffle sur notre âme et nous éveille à la Vie.

Pâques signifie « passage ». Passage par la mort vers une vie plus vive – une vie en Dieu. Tel est le grand signe de la résurrection du Christ, prémisse et gage de notre propre résurrection. Dès maintenant ne laissons pas la peur paralyser vies. « Soyez sans crainte !», dira l’ange aux femmes.  Ne faisons pas du sur-place, mais allons de l’avant en enfants de la résurrection : « Il vous précède en Galilée. Là, vous le verrez ». Alléluia !  

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Chemins de croix ; lueurs de Pâques – La Libre 18 avril p.47

Ce vendredi 18 avril – jour du Vendredi Saint – ma chronique du mois est parue dans le quotidien « La Libre » en p.47. Pour lire cette chronique, cliquez sur le lien suivant: « Chemins de croix ; lueurs de Pâques »

Merci à la rédaction de « La Libre » de m’offrir cet espace d’expression.

Le regard du prêtre

Chemins de croix – Lueurs de Pâques 

Vendredi Saint… La vingtième commémoration du génocide rwandais est fraiche en nos mémoires. Images d’hommes, de femmes, d’enfants – découpés à la machette. Un million de morts en cent jours. Après Auschwitz, chacun proclama : « Plus jamais ça ».  Puis, il y eut les Khmers rouges, les juntes brunes, les fous de dieu, le Rwanda, la Bosnie… Et à l’heure où j’écris – la Syrie et la Centrafrique. Autant de chemins de croix qui révèlent le pire en l’homme. C’est à perdre foi en la condition humaine.

Mais Christ a vaincu la croix. Et Son Esprit ouvre notre cœur aux lueurs de Sa Pâque. « Là où le péché abonde, la grâce surabonde » (Romain 5, 20)  Ainsi – il y a tout juste un an, au Théâtre de Poche à Bruxelles, Simon Gronowski, rescapé du XXe convoi vers Auschwitz et Koen Tinel, fils d’un nazi et frère d’un volontaire de la Waffen-SS, ont scellé leur amitié en présentant ensemble « Ni victime ni coupable. Enfin libérés ». Ainsi encore – dans le stade de Soweto, lieu symbolique de la lutte contre l’apartheid – l’hommage universel rendu ce 10 décembre dernier à Nelson Mandela, l’homme qui brandit le pardon en réponse à l’humiliation. Ces lueurs de Pâques n’effacent pas l’horreur. Mais elles cicatrisent le cœur. Et donnent de ressentir un autre Royaume – tellement plus durable – qui germe au pied des croix de ce monde.

Parmi les lueurs de Pâques, je range le rapport présenté ce 24 janvier dernier par notre compatriote Olivier De Schutter, Rapporteur spécial de l’ONU pour le Droit à l’alimentation. Son constat est sombre… comme un chemin de croix : « À l’échelle mondiale, plus de 165 millions d’enfants présentent un retard de croissance (…) et 2 milliards de personnes des déficiences en vitamines et en minéraux indispensables à une bonne santé. » Même les nantis de la planète sont concernés : « À l’échelle mondiale, la prévalence de l’obésité a doublé entre 1980 et 2008. En 2008, 1,4 milliard d’adultes étaient en surpoids. » (n°5) S’ajoute le risque environnemental : « Au total, les pratiques agricoles sont à l’origine d’environ 15% de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine » (n°7). La faute à la démographie ? Non – le résultat d’un choix de société : « L’augmentation de la production (agricole) a largement dépassé la croissance de la population au cours de la période allant de 1960 à 2000. Cependant, cette augmentation est allée de pair avec une spécialisation régionale dans une gamme de produits relativement étroite, processus encouragé par la croissance du commerce international des produits agricoles. (…) Les bénéfices sont allés essentiellement aux grandes unités de production et aux grands propriétaires terriens, au détriment des petits producteurs et des travailleurs sans terres » (n°10) Le Rapporteur aurait pu se contenter d’énumérer les croix. Il a l’audace d’entrevoir un chemin de résurrection. D’où son plaidoyer pour la transition vers une productivité durable et à mesure humaine: « Réduisant le coût de l’agriculture en limitant l’utilisation d’intrants onéreux, l’agroécologie améliore les moyens de subsistance des ménages agricoles, en particulier des ménages les plus pauvres (…) Il faut mettre au point un nouveau modèle centré sur le bien-être, la résilience et la durabilité pour remplacer le modèle productiviste et, ainsi, mieux favoriser la pleine réalisation du droit à une alimentation adéquate. L’équation est complexe mais elle n’est pas insolvable. » (n°17 & 29) Dénonçant le scandale de la faim dans le monde, ce Rapport pointe vers une lueur de Pâques. A condition de le lire avec un minimum de foi. « Amen, je vous le dis: si vous avez la foi gros comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne: ‘Transporte-toi d’ici jusque là-bas’, et elle se transportera; rien ne vous sera impossible». (Matthieu 17, 20)

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« Eli, Eli, lama sabactani ?» – Dimanche des Rameaux et de la Passion, Année A

« Mais Jésus, poussant à nouveau un grand cri, rendit l’Esprit. Et voici que le rideau du Temple se déchira en deux, du haut en bas. » (Matthieu 26 et 27, 14-66 et 11-54)

Avec le dimanche des Rameaux débute la « Semaine Sainte », c’est-à-dire la sainte semaine des chrétiens. La semaine qui résume notre foi en un Dieu qui aime l’humanité de façon déraisonnable. Un Dieu crucifié par amour, qui pardonne les péchés jusqu’à son dernier souffle, car « ils ne savent pas ce qu’ils font ». De cet Amour fou, les rameaux qui orneront les crucifix de nos maisons, sont le rappel tout au long de l’année.

Ne vivons pas cette semaine de façon distraite. Participons dans la mesure du possible aux offices de la semaine sainte et au chemin de croix dans les rues de Liège. Ainsi, nous retrouverons-nous pour célébrer la Pâques du Christ avec un cœur de ressuscité.  

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Chemin de croix – L’horreur. L’odeur. La honte. – M… Belgique p.55

Ci-dessous ma chronique parue en p.55 dans l’hebdo M… Belgique (successeur de Marianne Belgique), de ce vendredi. Merci à la rédaction de me donner cet espace d’expression:

Vingtième anniversaire du génocide rwandais. Un million de morts en cent jours. Comment décrire la banalité de l’horreur ? Ce 3 avril dernier dans les colonnes du « Soir », Colette Braeckman trouve les mots: « Dans la frénésie, le vacarme des tambours, des bruits de casseroles, des sifflets, les Tutsis étaient tués avec les plus simples des instruments, utilisés tous les jours dans les travaux des champs. (…) Chacun prenait sa part du « travail », des hommes d’âge mûr, mais aussi des femmes, qui dépouillaient leurs voisines blessées ou tuées, des enfants qui battaient les fourrés pour dénicher ceux qui avaient réussi à se cacher ou volaient ce qu’ils pouvaient emmener. Alors que le sang rougissait les rivières et que les corps dérivaient, alors que les blessés attendaient qu’on les achève le matin suivant et que les survivants rampaient pour déterrer des pommes de terre, chaque soir les tueurs faisaient la fête, la bière enfin coulait à flots…». Après l’horreur, régna des mois durant l’odeur des cadavres. Depuis, reste la honte. Comme ces Allemands qui parlent aujourd’hui encore des « NS », pour ne pas avoir à prononcer le mot « National-Socialisme ». Allemagne. Rwanda. Bosnie. Aujourd’hui – Syrie et Centrafrique. Autant de stations d’un chemin de croix, qui révèle le pire dans l’homme. L’horreur. L’odeur. Puis la honte. Une Voix murmure à travers les siècles : « Père, pardonne-leur. Ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc, 23, 34).

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Ultime signe avant la Pâques – 5e dimanche de Carême, Année A

« Lazare, viens dehors ! » (Jean 11, 1-45)

Ecrire que Jésus a ressuscité Lazare, n’est pas théologiquement correct. Si le Christ a ramené son ami à la vie, cela ne l’a pas rendu immortel. Quelques années plus tard – Lazare a connu la mort pour de bon, comme chacun de nous. Alors seulement a-t-il vécu la résurrection à la suite du Seigneur. La résurrection ne peut donc advenir qu’à la fin de notre vie terrestre : pour ressusciter, il faut d’abord mourir.

Il n’empêche – le rappel du tombeau de Lazare, constitue l’ultime signe du Royaume. Celui que la Pâques du Christ viendra sceller et accomplir. « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. »

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Visite à la Tante Europa – M… Belgique p.27

Ci-dessous ma chronique parue en p.27 dans l’hebdo M… Belgique (successeur de Marianne Belgique), de ce vendredi. Merci à la rédaction de me donner cet espace d’expression:

Messieurs Herman et José Manuel – les responsables de la maison de repos – vinrent accueillir le visiteur à la Cadillac noire. Depuis la fenêtre de sa chambre, Tante Europa regarda son neveu descendre de la limousine, avec l’entrain discret des hommes importants. Il en impose, le cousin Barack – ce brillant rejeton de la branche cadette de la famille. Celle qui est partie au loin tenter l’aventure. Et qui y a fait fortune. Au début, elle le voyait régulièrement. Tante Europa dirigeait alors une entreprise avec des filiales dans le monde entier. Puis, il y eut la crise. A deux reprises, son neveu la sauva même d’une OPA hostile. Aujourd’hui, ses visites se sont espacées. A chaque fois, il s’en excuse d’un large sourire, alors que la vielle dame l’accueille avec de la bière et des chocolats. Voici que la porte s’ouvre. Cousin Barack l’embrasse et lui glisse qu’elle est une de ses tantes préférées. Flattée, elle l’écoute la mettre en garde contre les trafics douteux de l’Oncle Vladimir. Puis, il lui rappelle sa proposition de viager. A peine assis, l’homme pressé prend congé. En le voyant s’éloigner, Tante Europa se souvient de l’époque où le monde entier la courtisait. Pourtant, elle pas le temps de se laisser bercer par la nostalgie. Déjà, on lui annonce la visite de Monsieur Xi, un jeune et ambitieux industriel, qui lui a récemment offert deux pandas en peluche. Ensuite, ce sera le repas du soir. Sans dessert – a prévenu la Direction. Austérité oblige.      

 

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Blog: bilan du mois de mars

Ce blog a été ouvert le 11 mars 2011.

2011En mars, il recevait 1467 visites et 2383 pages avaient été vues. Du 3 avril au 3 mai, il recevait 3689 visites et 5483 pages étaient visionnées ; du 1er mai au 31 mai 3322 visites et 5626 pages visionnées. Du 1er juin au 31 juin, le blog a reçu 3464 visites et 5721 pages furent visionnées.  Pour le mois de septembre 4423 visites sont enregistrées et 6683 pages sont visionnées. En octobre, il y eut 3027 visites pour 4689 pages visionnées. En novembre, il y eut 2679 visites pour 3915 pages visionnées. En décembre, 3203 visites pour 4754 pages visionnées.

2012En janvier, 3143 visites pour 4815 pages visionnées. En février, cela donne 3709 visites pour 5501 pages visionnées. En mars, il y eut 3592 visites et 5530 pages visitées. En avril, il y eut 4063 visites pour 6280 pages visitées. En mai, il y eut 4895 visites pour 8100 pages vues. En mai, il y eut 4499 visites pour 5395 pages vues. Je n’ai pas reçu les chiffres de juin. En juillet,  3502 visites pour 4158 pages vues. En août: 3213 visites pour 5059 pages vues. En septembre: 5624 visites pour 8773 pages vues. En octobre 3268 visites pour 5337 pages vues. En novembre 3467 visites pour 5777 pages vues. En décembre 3018 visites pour 4411 pages vues.

2013En janvier 3891 visites pour 5419 pages vues. En février 3736 visites pour 5724 pages vues. En mars 5198 visites pour 7740 pages vues. En avril 4415 visites pour 6323 pages vues. En mai 6693 visites pour 9284 pages vues. En juin, 4236 visites pour 6339 pages vues. En juillet, 3316 visites pour  4477 pages vues. Pour août, je n’ai pas reçu de données. En septembre 3820 visites pour 4386 pages vues.  En octobre 3299 visites pour 5172 pages vues. En novembre 3982 visites pour 6103 pages vues. En décembre 3512 visites pour 4199 pages vues.

2014En janvier 2251 visites pour 3481 pages vues (baisse qui s’explique sans doute  par la semaine de repos, début du mois).  En février 3714 visites pour 6070 pages vues. En mars 3556 visites pour 5454 pages vues.

Le lectorat belge compte 2989 visites. La France suit avec 329 visites et les Pays-Bas avec 43 visites.

L’article le plus fréquenté fut « Vierge de Jalhay: Si j’ai souri ces derniers jours… » du 25 mars avec 423 visites. Vient ensuite « Nominations au Conseil épiscopal de Liège » du 18 mars avec 339 visites et « Mercredi des cendres – l’Europe n’est las les Etats-Unis » du 5 mars avec 284 visites.

Merci aux lecteurs et suite au mois prochain.

 

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« Messe-Achat » – L’Eglise à l’épreuve de la concurrence

Il y a quelques mois était annoncé dans la presse qu’un ancien directeur de Test-Achat avait été ordonné prêtre.  Nul ne sait si c’est cela qui a inspiré nos Evêques à se lancer dans une initiative, tellement en phase avec l’esprit du temps. En effet, sur le mode de « Test-Achat », ils lancent ce 1er avril « Messe-Achat ». Développée par le célèbre bureau de marketing britannique « Fish and Chips », cette démarche consiste en l’élaboration d’une grille de comparaison systématique des différents lieux de culte, afin de permettre au fidèle de mieux choisir sa paroisse.

L’architecture du bâtiment, la qualité du chauffage, le confort des sièges seront des critères pris en compte – mais pas uniquement. Il faudra également compter avec le répertoire des chants, les voix de la chorale, la discipline des enfants de chœur, la décoration florale et les vêtements liturgiques du célébrant. Enfin, la qualité de la prédication sera un élément majeur d’appréciation. « Evidemment, il ne s’agit pas de censurer les homélies », précise un des plus ardents défenseurs du projet – le chanoine Rottevis, archiprêtre de Notre-Dame du Mérou, « mais bien d’évaluer le contenu théologique de celles-ci, la qualité de la diction et – bien entendu – la durée. Car comme chacun le sait, il en va des homélies comme des blagues : les plus courtes sont les meilleures ».

Gageons que « Messe-Achat » permettra aux fidèles de choisir, en pleine connaissance de cause, leur paroisse « maître-achat ». 

 


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La raison contre les peurs – Laïcité et Marche pour la vie

Demain dimanche à 11h, l’émission radio Et dieu dans tout ça? – La Première RTBF, traitera du thème : « Religions et organisations philosophiques dans le débat public : jusqu’où aller ? » Votre serviteur y a participé, aux côtés (entre autre) d’Eliane Deproost – secrétaire-généraledu Centre d’Action Laïque (CAL). Malgré les différences philosophiques, chacun autour du micro défend la liberté d’expression, dans le respect de l’ordre public et des bonnes mœurs. Hasard du calendrier, demain à Bruxelles aura lieu l’annuelle « Marche pour la vie », au cours de laquelle des citoyens de toutes convictions philosophiques – parmi lesquels de nombreux catholiques – attirent l’attention de l’opinion publique sur la protection de la vie humaine, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle. A ce sujet, Henri Bartholomeeussen – nouveau président du CAL – a publié jeudi dernier une chronique dans les colonnes du quotidien bruxellois « Le Soir » : « La raison contre les peurs »

Toute critique est respectable si elle vise le bien commun et s’appuie sur des arguments rationnels

Le président du CAL ouvre sa chronique par ces mots : « A l’heure où certains ressortent leurs velléités d’interdiction et agitent à nouveau leur catalogue de peurs à l’occasion de l’anniversaire du vote de la loi dépénalisant partiellement l’avortement en Belgique, le Centre d’action laïque souhaite appeler tous les démocrates à débattre des questions éthiques avec calme et rationalité. Toute critique est respectable si elle vise le bien commun et s’appuie sur des arguments rationnels. Agiter des craintes liées à l’émotion ou à des dogmes ne contribue pas à un débat démocratique serein. A cet égard, nous devons constater que la violence des campagnes contre les partisans de la liberté de choix pour les femmes et l’agressivité de ceux qui leur dénient le droit de disposer de leur vie sont fort éloignées de la sérénité. Les arguments scientifiques ou philosophiques rationnels sont de plus en plus évincés du débat au profit de communications qui recèlent mensonges, supputations et amalgames. »

« Toute critique est respectable, si elle vise le bien commun. » Voici donc la vision du bien commun défendue par la Marche pour la vie, telle qu’expliquée sur leur site web : « La Marche pour la Vie a pour objectif de promouvoir le respect de la Vie humaine, de la conception à la mort naturelle. Les participants demandent aux autorités compétentes la mise en place de politiques d’aide aux personnes dont la vie est remise en question par les difficultés et les souffrances qu’elles connaissent ou pourraient connaître, et l’abolition ou l’amendement de toutes les lois et décisions de justice contraires au respect intégral de la vie humaine. (…) Animés d’un grand respect pour chacun(e), les participants se désolidarisent de toute attitude blessante envers les femmes ayant subi un avortement. Les participants ne les jugent pas mais, au contraire, souhaitent les aider à prendre un nouveau départ. (…) Les participants établissent une distinction entre l’avortement, qui a pour but délibéré de supprimer une vie humaine et une intervention médicale qui aurait pour objectif de sauver la vie de la mère avec pour conséquence, inévitable et non recherchée en elle-même, le décès de l’enfant.»
« Toute critique est respectable, si elle s’appuie sur des arguments rationnels. » Les arguments rationnels existent et le nier ne contribue pas au « débat démocratique serein ». C’est ce que j’ai voulu rappeler dans une récente chronique, parue dans le quotidien « La Libre » : Avorter : un enjeu philosophique .

Le fait d’ouvrir un droit n’oblige personne à y recourir.

Le président du CAL poursuit sa chronique par ces mots : « Rappelons une bonne fois que le fait d’ouvrir un droit n’oblige personne à y recourir. Donner une possibilité élargit le champ des libertés individuelles pour tous les citoyens.»  C’est l’argument le plus faible de sa chronique. La polygamie et le port de la burqa en public sont interdits en Belgique. La loi doit placer des interdits, quand il s’agit de défendre un intérêt supérieur.  Je souligne qu’il en va de même pour l’avortement, qui reste pénalisé en Belgique au-delà du délai légal.

L’absence d’un cadre légal laisse le champ libre aux abus de toute nature

Le président du CAL énonce ensuite : « L’absence d’un cadre légal laisse le champ libre aux abus de toute nature, à la clandestinité et à de dramatiques situations de santé publique. Car en ce qui concerne le droit à l’avortement, encadré comme il l’est par la loi de 1990, c’est bien de cela qu’il s’agit. » C’est l’argument le plus fort de sa chronique : les avortements clandestins sont un phénomène à empêcher à tout prix.  Mais, à cet égard aussi, les arguments des organisateurs de la Marche pour la vie, méritent d’être entendus : « Les participants réaffirment le droit pour toute femme d’être informée des possibilités qui lui sont offertes pour mener sa grossesse à terme ainsi que son droit à une information sérieuse et objective quant aux conséquences qu’un avortement peut avoir sur sa santé physique et psychologique. Les participants adressent cet appel aux autorités publiques, aux médias, ainsi qu’aux personnes qui côtoient ces femmes en détresse. »

Laissons là les débats idéologiques 

Le président du CAL conclut sa chronique par ces mots : « Laissons là les débats idéologiques : rien n’est plus éloigné des préoccupations du citoyen comme du législateur. Rien n’est plus éloigné des préoccupations des professionnels de la santé qui assistent, au quotidien, à la détresse des femmes confrontées à des grossesses non désirées et qui connaissent les catastrophes sanitaires qu’entraînent les avortements clandestins. (… ) Qui a intérêt à empêcher nos enfants de disposer des outils leur permettant d’adopter une attitude de respect mutuel, de comprendre les mécanismes affectifs, de prévenir les MST/IST et les grossesses non désirées ? Quel agenda cet intérêt sert-il ? Poser la question, c’est y répondre. C’est un agenda purement politique. Un agenda qui veut maintenir les femmes en situation de dépendance. Un agenda qui refuse les évolutions de la société, en matière de liberté familiale notamment. »

Prêter aux marcheurs pour la vie un agenda « purent politique » visant à « maintenir les femmes en situation de dépendance », n’est-ce pas là justement sombrer dans le « débat idéologique » ? C’est le propre de la plaidoirie d’avocat que d’être tentée de noircir les motivations de son contradicteur. C’est, au contraire, le défi du diplomate que de vouloir entrer dans les réelles motivations de son adversaire, afin de davantage le comprendre et d’ainsi mieux communiquer avec lui. A la lecture de cette chronique, je me dis que l’heure de la diplomatie n’a pas encore sonnée au CAL. Toute possibilité de dialogue est-elle, dès lors, impossible ? Ironie de la presse – sur la même page que la chronique d’Henri Bartholomeeussen se trouvait une interview du philosophe agnostique André Comte-Sponville, à propos de son livre « Le sexe ni la mort » (Albin Michel, 2012).  Le philosophe y déclare : « Au fond, nous sommes passés d’une erreur à une autre : de la diabolisation du sexe à sa banalisation aujourd’hui. Ce sont deux erreurs. » Voilà une parole laïque qui rejoint la perception de nombreux marcheurs pour la vie. Si des différences subsistent quant à l’avortement, une action commune serait donc envisageable entre le CAL et d’autres courants convictionnels, pour prévenir le nombre des grossesses non désirées par un discours responsabilisant sur la sexualité. Chiche ?    

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« Il n’y a pas pire aveugle… » – 4e dimanche de Carême, Année A

« Je suis venu dans le monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas, puissent voir et que ceux qui voient deviennent aveugles » (Jean 9, 1-41)

Le 4° dimanche de Carême est traditionnellement appelé dimanche de la laetare, c’est-à-dire dimanche de la joie. Peut-on imaginer une joie plus grande que celle d’un aveugle-né qui retrouve la vue ? C’est ce qui advient dans l’évangile de ce dimanche. Avec – cependant – un curieux retournement. L’aveugle voit, mais les docteurs de la loi – dont la fonction est justement de faire voir au peuple les chemins de Dieu – sont aveugles devant l’évidence. « Il n’y a pas pire aveugle, que celui qui ne veut pas voir », dit la sagesse populaire. Curieux paradoxe : C’est ceux qui se pensent les plus clairvoyants, qui se révèlent être les plus aveugles. Nos plus gros défauts sont en général ceux que nous refusons de voir. Ils nous dominent d’autant plus. A méditer en cette moitié de Carême… 

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