Le mois de mai est le mois des familles. On se voit davantage entre frères et sœurs, cousins et cousines, que durant toute l’année, à moins qu’un enterrement nous rassemble où chacun dit : « c’est dommage qu’il faut se retrouver dans de telles circonstances ! »
Le mois de mai est le temps des retrouvailles à cause de la fête des mères, de la petite communion de Julie et la grande de Julien. C’est très bien ainsi.
En fait, les communions, qu’on les appelle grandes ou petites, sont la conséquence directe du jour où papa et maman, parrain et marraine ont présenté le bébé pour être baptisé.
Quand on va voir un bébé à la maternité, il dort généralement avec ces deux poings fermés et bien sûr, les yeux aussi car il ne voit pas encore. Et il passera toute sa vie de jeune et moins jeune à ouvrir ses yeux pour prendre connaissance du monde dans lequel il est tombé et apprendre à tendre les mains vers les autres, ses compagnons de route.
Cela est vrai pour tous et par conséquent pour les chrétiens. Toutefois, la spécificité de ceux-ci consiste dans le fait de se savoir accompagnés de Jésus-Christ qui est leur « chemin, la vérité et la vie ».
C’est ainsi que la première communion que l’on fait « à l’âge de raison » est destinée à initier l’enfant à cet événement que nous fêtons le jeudi saint, ce testament du Christ qui nous demande de nous donner corps et âme aux autres comme lui. En dressant la table de l’eucharistie, les enfants chantaient bien à propos : « comme Lui savoir dresser la table, comme Lui nouer le tablier. Se lever chaque jour et servir par amour, comme Lui ».
Cet apprentissage n’est jamais fini dans cette vie et doit commencer dès le plus jeune âge. La profession de foi que l’on appelle communément « communion solennelle » se situe vers douze ans, c’est-à-dire, au moment où le jeune commence à prendre des initiatives personnelles. Les parents en savent quelque chose lorsque pour la première fois, Julie ou Julien, leur dit qu’ils ne sont pas d’accord.
La profession de foi est ce moment où le jeune, aussi librement que possible, affirme qu’il est d’accord avec l’option choisie par les parents lors de son baptême et qu’il a la ferme intention de continuer dans ce sens-là.
C’est un moment important et il est bon que la famille et toute la communauté croyante fêtent à sa juste valeur un tel événement. On est loin du temps, je l’espère, où c’est ce jour-là que le garçon fumait sa première cigarette et la fille recevait son premier beauty-case pour le make-up, ou le missel à tranches dorées et un chapelet en perles blanches.
Que faut-il offrir alors ? Chers parents, chers amis ! Le plus beau cadeau, le difficile, c’est celui de votre exemple et de votre amour sans faille. Ces jeunes doivent voir que votre foi vous rend heureux et qu’ils peuvent compter sur vous pour réussir leur parcours. C’est à cause de cela que leur profession de foi ; c’est aussi la vôtre, celle de la responsabilité de rendre votre enfant heureux… pour toujours.
Père Gérard Laleman
Unité Pastorale du Val d’Haine (La Louvière)
avec GiéT
